En cette période de pré-Coupe du Monde, il est bon de planquer sous les tapis (marocains), les petits et les grands dossiers du business sportif. Le collectif “Ethique sur l’étiquette” publie cette semaine un rapport très critique envers les grands équipementiers mondiaux.

Entre 1995 et 2017, sur le prix d'une paire de baskets, la part revenant à l'ouvrier a baissé d'environ 30% pendant que les dividendes versés aux actionnaires et au sponsoring ont connu une croissance exponentielle, explique Nayla Ajaltouni porte-parole du collectif.

Nike et Adidas équiperont 22 des 32 équipes nationales du mondial de football, pour un marché total estimé à 17 milliards d'euros. En 2017, Adidas a versé 11 millions de plus à Lionel Messi qu'à Zinedine Zidane en 2002, soit un montant qui aurait permis d'assurer un salaire décent à plus de 44170 travailleurs indonésiens ou 52600 travailleurs vietnamiens dans les usines de confection, ajoute le rapport de “Ethique sur l’étiquette”. Au total, le collectif est convaincu que si les marques avaient réellement voulu se préoccuper d’éthique, elles auraient freiné leur investissement publicitaires au lieu de l’augmenter systématiquement entre 2015 et 2018. Quelque 226 millions d'euros économisés auraient pu permettre d'assurer des salaires vitaux à plus d'un million de travailleurs en Asie.

Avant de se lancer dans la compétition et de ne plus penser qu’à la beauté et aux valeurs du sport, il est important de rappeler que sur les maillots de football vendus en moyenne au prix de 90 euros, seul 1%, donc 90 centimes, est consacré à la rémunération de ceux qui les font (Rapport Ethique sur l’étiquette)