"L'eau arrivait de tous les côtés" et "on s'est cramponnés à un arbre", raconte à l'AFP Jean-Marc Pareja, touriste français qui a survécu au séisme et au tsunami dévastateurs survenus dans l'île indonésienne des Célèbes.

Le Grenoblois de 56 ans a été évacué mardi avec son épouse et une amie de Palu, la ville dévastée le 28 septembre par la catastrophe meurtrière, sur Jakarta. Il attend dans la capitale indonésienne le renouvellement du passeport de l'amie du couple, perdu dans le tumulte, afin de pouvoir rentrer en France.

"En voyant le nombre de morts qui augmente sans arrêt, on se dit que c'est un miracle, on a eu une chance de fous", raconte-t-il. D'après un dernier bilan, 1.411 personnes ont péri et plus de 2.500 ont été blessées dans le désastre.

Quand le séisme a frappé à Palu, les trois Français qui effectuaient un périple à travers les Célèbes et venaient d'arriver dans leur hôtel de bord de mer, avaient "juste eu le temps de poser" leurs affaires.

"La première sensation, ça a été le bruit assourdissant des toits en tôle. Je suis parti sur le parvis de l'hôtel, mais j'ai été couché par terre". "On n'arrêtait pas de tomber. Tout d'un coup il y a eu un grand trou à côté de mon épouse", explique-t-il. "Des bungalows se sont écroulés, on a perdu complètement la notion du temps. On a regardé l'océan" et "ça bouillonnait, on a vu arriver une première vague qui a passé la jetée".

Le couple et leur amie ont néanmoins réussi à s'abriter derrière l'hôtel. C'est alors que "de l'eau est arrivée de tous les côtés, avec des amas de branches, et on s'est cramponnés à un arbre", poursuit-il.

La vague provoquée par le tsunami "n'était pas très haute, 1,50 mètre peut-être, elle nous est arrivée aux épaules mais elle était d'une force énorme". Lorsque l'eau s'est retirée, l'épreuve n'en était pas finie pour autant, poursuit M. Pareja. Car au séisme initial de magnitude 7,5 ont succédé de multiples répliques.

Les trois amis se sont réfugiés sous les tables du restaurant de leur hôtel, qui était alors encore debout, pour tenter de survivre aux "grosses secousses" qui continuaient de frapper. Puis les touristes, en fait les seuls clients de l'hôtel, ont fui avec le propriétaire de l'établissement et le personnel "vers les hauteurs de la ville. On était pieds nus, trempés, on a marché sur des décombres". Et "on a passé la nuit sur un parking", se rappelle-t-il.

Le lendemain, les survivants du séisme ont été confrontés à un triste spectacle. "Tout était détruit, il n'y avait plus de route, plus de bâtiments, c'était une zone de désolation".